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Acheter un terrain en Thaïlande en tant qu'étranger : 5 options légales en 2026
Un étranger ne peut pas acheter de terrain en Thaïlande. C'est une réalité inscrite dans le Code foncier du Royaume, qui l'interdit explicitement aux personnes physiques comme aux sociétés à majorité étrangère. Pourtant, derrière cette interdiction catégorique se cachent cinq voies légales, chacune avec ses contraintes, ses risques et son niveau d'investissement minimum. Avant d'entrer dans le détail, il est essentiel de comprendre un principe fondamental : la loi thaïlandaise protège la terre comme une ressource nationale. Tout montage cherchant à contourner cette logique — notamment via des prête-noms — expose l'investisseur à des sanctions pouvant aller jusqu'à la confiscation du bien.
Réponse rapide
- Achat direct de terrain par un étranger — interdit par le Code foncier thaïlandais
- Société thaïlandaise (51 % de capitaux nationaux) — formellement légale, mais les autorités multiplient les contrôles pour détecter les actionnaires fictifs
- BOI (Board of Investment) — une société à majorité étrangère approuvée par le BOI peut obtenir un droit foncier pour un projet éligible
- Investissement d'au moins 40 millions de bahts — permet d'acquérir jusqu'à 1 600 m² à usage résidentiel, sous autorisation du ministère de l'Intérieur
- Bail emphytéotique (leasehold) — 30 ans pour un usage non commercial, 50 ans pour un usage commercial. Les promesses de '30+30+30' n'ont aucune valeur juridique contraignante
- Copropriété (condominium) — les étrangers peuvent détenir des appartements en pleine propriété, à condition que le quota étranger ne dépasse pas 49 % des unités du bâtiment
Scénarios et options
Scénario 1 : Société thaïlandaise avec 51 % d'actionnaires nationaux
C'est la structure la plus répandue — et aussi la plus risquée. La loi permet à une société dont au moins 51 % des actions appartiennent à des ressortissants thaïlandais d'acquérir un terrain en pleine propriété (freehold).
Mais la réalité est plus sévère. Le Département du développement des entreprises (DBD), en coopération avec le ministère du Commerce, mène des vérifications approfondies pour détecter les actionnaires et directeurs fictifs agissant pour le compte d'un bénéficiaire étranger. Les sanctions sont lourdes : amendes, poursuites pénales, confiscation du bien au profit de l'État. En 2025–2026, le nombre de contrôles a sensiblement augmenté, notamment à Phuket, Koh Samui et Chiang Mai.
Si cette voie est envisagée, les actionnaires thaïlandais doivent être de véritables investisseurs, avec des fonds documentés et une participation réelle à la gouvernance.
Scénario 2 : Approbation BOI
Une société à majorité étrangère bénéficiant d'une promotion du BOI (Board of Investment) peut déposer une demande de droit foncier auprès de l'OBOI. Après validation, l'OBOI transmet son aval au Département des terres ou au gouverneur de province.
Cette option est réservée à des projets d'envergure : industrie manufacturière, technologies de l'information, tourisme médical, énergies renouvelables. Elle ne convient pas à l'acquisition d'une villa à titre personnel.
Scénario 3 : Investissement à partir de 40 millions de bahts
En vertu d'un amendement de 1999 au Code foncier, un investisseur étranger ayant placé au moins 40 millions de bahts (environ 1,1 million de dollars au taux de 2026) peut acquérir jusqu'à 1 600 m² de terrain à usage résidentiel. Conditions impératives :
- Autorisation préalable du ministère de l'Intérieur
- Maintien de l'investissement pendant au moins 3 ans
- Utilisation du terrain strictement à des fins d'habitation
En pratique, ce mécanisme reste peu utilisé. Les démarches administratives sont longues et le seuil d'entrée élimine la majorité des acquéreurs privés.
Scénario 4 : Le bail emphytéotique (leasehold)
Pour ceux qui n'entrent pas dans les exceptions, le leasehold reste l'instrument le plus accessible : 30 ans pour un usage non commercial, 50 ans pour un usage commercial.
Point critique : de nombreux agents présentent le leasehold comme un bail '30+30+30 — soit 90 ans en pratique'. Cette affirmation est juridiquement incorrecte. La Cour suprême de Thaïlande a rappelé à plusieurs reprises que le renouvellement n'est ni automatique ni exécutoire. Chaque prolongation constitue un nouveau contrat, soumis à la volonté du bailleur.
Une alternative mérite attention : le contrat sap-ing-sith (servitude foncière), disponible depuis 2019. Il s'agit d'un droit réel d'une durée maximale de 30 ans, enregistré au Département des terres, offrant une protection juridique supérieure au leasehold classique.
Quant à la loi portant le leasehold à 99 ans, elle est en discussion depuis des années mais son adoption n'est pas à l'ordre du jour à court terme.
Scénario 5 : La copropriété — voie royale pour l'investisseur étranger
C'est l'option la plus simple et la plus transparente. Un étranger — personne physique ou morale — peut acquérir un appartement en copropriété en pleine propriété (freehold). L'unique condition : la part étrangère dans l'immeuble ne doit pas dépasser 49 % du nombre total d'unités. Si cette limite est atteinte, le Département des terres refusera l'enregistrement du transfert de propriété.
Lors de l'achat d'un condominium, les fonds doivent être transférés depuis l'étranger en devise étrangère. La banque thaïlandaise délivrera alors un Foreign Exchange Transaction Form (FETF), document indispensable à la finalisation de la transaction.
Tableau comparatif des options foncières pour les étrangers en Thaïlande
| Option | Type de droit | Durée | Seuil d'entrée | Risques principaux |
|---|---|---|---|---|
| Société thaïlandaise (51 %) | Freehold | Perpétuel | À partir de 1–2 M de bahts | Contrôles DBD, confiscation possible |
| Projet approuvé BOI | Freehold | Perpétuel | Grand projet d'investissement | Bureaucratie, restrictions sectorielles |
| Investissement 40 M de bahts | Freehold (max 1 600 m²) | Perpétuel | 40 M de bahts (~1,1 M USD) | Immobilisation sur 3 ans minimum |
| Bail emphytéotique (leasehold) | Droit locatif | 30–50 ans | À partir de 100 000 bahts | Pas de garantie de renouvellement |
| Condominium (freehold) | Pleine propriété | Perpétuel | À partir de 1–3 M de bahts | Quota 49 %, liquidité variable |
Principaux risques et erreurs
1. Les actionnaires fictifs. C'est l'erreur la plus fréquente : constituer une société thaïlandaise 'de façade' avec des prête-noms. En 2026, le DBD croise les données de multiples sources, analyse les flux bancaires et effectue des visites sur site. Les conséquences peuvent inclure la prison.
2. Croire aux promesses '30+30+30'. Seul le premier bail est juridiquement contraignant. Toutes les prolongations ultérieures dépendent de la bonne volonté du propriétaire. En cas de décès, de vente ou de changement d'avis du bailleur, l'investisseur ne dispose d'aucun recours légal.
3. Négliger le quota de 49 %. Avant d'acquérir un appartement en copropriété, vérifiez la part actuelle de propriété étrangère dans l'immeuble. Si le quota est épuisé, on vous proposera un leasehold à la place du freehold — deux produits fondamentalement différents en termes de valeur et de revente.
4. Omettre une due diligence juridique indépendante. Acheter par l'intermédiaire d'un agent sans consulter un avocat indépendant est une source de problèmes. Le droit foncier thaïlandais est complexe, et les contrats des promoteurs sont systématiquement rédigés en leur faveur.
5. Confondre terrain et bâtiment. Un étranger peut posséder un bâtiment construit sur un terrain loué — c'est légal. Mais le terrain et la construction sont deux objets juridiques distincts. Assurez-vous que votre droit de propriété sur la construction est enregistré séparément.
FAQ
Un étranger peut-il acheter un terrain en Thaïlande directement ? Non. Le Code foncier thaïlandais interdit explicitement aux personnes physiques étrangères et aux sociétés à majorité étrangère de posséder des terres. Les exceptions concernent les projets BOI, l'investissement minimum de 40 millions de bahts et certaines zones industrielles.
Quelle est la différence entre leasehold et freehold ? Le leasehold est un bail de longue durée (30 ou 50 ans) — vous n'êtes pas propriétaire du terrain, mais locataire avec un droit enregistré. Le freehold est une pleine propriété sans limite de durée.
Peut-on vraiment prolonger un bail jusqu'à 90 ans ? Non. La Cour suprême de Thaïlande a confirmé que le renouvellement d'un bail n'est ni automatique ni légalement exécutoire. Les offres '30+30+30' constituent un argument commercial sans portée juridique.
Qu'est-ce que le sap-ing-sith ? C'est un droit réel (servitude) disponible depuis 2019, d'une durée maximale de 30 ans, enregistré au Département des terres. Il offre une protection juridique supérieure au leasehold standard et constitue l'option la plus proche de la propriété pleine pour un étranger.
Quels appartements un étranger peut-il acquérir ? Tout appartement dans une copropriété enregistrée, à condition que le quota étranger (49 % des unités) ne soit pas atteint. Le paiement doit provenir de l'étranger en devise étrangère.
Puis-je construire une maison sur un terrain en bail ? Oui. Un étranger peut louer un terrain, y construire un bâtiment et en être propriétaire. La législation thaïlandaise n'impose aucune restriction sur la propriété des constructions.
Quelles sont les sanctions pour l'utilisation de prête-noms ? Amendes, poursuites pénales et confiscation du terrain au profit de l'État. Le DBD intensifie ces contrôles en 2026.
Quel est le coût d'un terrain en leasehold à Phuket ? En 2026, les prix varient de 3 à 25 millions de bahts par rai (1 600 m²), selon la localisation, la proximité de la mer et le niveau d'infrastructure.
Un avocat est-il indispensable pour acheter un bien en Thaïlande ? Absolument. La vérification juridique indépendante du contrat, du promoteur et du statut légal du bien est une étape obligatoire. Son coût — entre 30 000 et 80 000 bahts — est négligeable face au coût d'une erreur.
Detenir un bien foncier en Thaïlande en tant qu'étranger n'est pas une impasse : c'est une équation avec des règles précises. Pour la majorité des investisseurs privés, les solutions optimales restent le freehold en copropriété ou le leasehold avec enregistrement séparé du bâtiment. Pour les projets d'envergure, le BOI ou l'investissement direct constituent les meilleures voies. Dans tous les cas, commencez par consulter un avocat — avant même de contacter un agent.
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