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Promoteur en faillite en Thaïlande : comment récupérer votre argent en 2026

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Promoteur en faillite en Thaïlande : comment récupérer votre argent en 2026

9 мая 2026 г.

À Phuket, un complexe résidentiel de 120 unités dans le quartier de Rawai a vu son chantier gelé, laissant des acheteurs venus de Chine, d'Europe et d'ailleurs avec des pertes allant de 1,5 à 8 millions de bahts chacun. Une partie de ces investisseurs n'a toujours rien récupéré. Ce cas est loin d'être isolé : selon le Département foncier thaïlandais (Department of Lands), des dizaines de projets immobiliers inachevés sont recensés chaque année dans le pays.

Le problème central réside dans une asymétrie juridique importante : la loi thaïlandaise protège bien mieux les acheteurs de condominiums que les acheteurs de villas. Si vous avez investi dans une villa via un bail foncier (leasehold), vos droits peuvent être très limités. Voici les mécanismes de protection qui fonctionnent réellement, et les démarches concrètes à entreprendre si votre chantier est à l'arrêt.

Réponse rapide

  • La loi sur les condominiums (Condominium Act B.E. 2522) oblige le promoteur à enregistrer le projet auprès du Département foncier, mais ne garantit pas l'achèvement des travaux.
  • Les acheteurs de condos enregistrés peuvent exiger un remboursement devant les tribunaux, sur la base du droit contractuel et délictuel thaïlandais.
  • Les acheteurs de villas via des contrats privés (SPA) sont nettement moins protégés : tout dépend des clauses contractuelles.
  • La durée moyenne d'une procédure judiciaire de ce type en Thaïlande est de 1 à 3 ans.
  • Les honoraires d'accompagnement juridique débutent à partir de 100 000 bahts (environ 2 800 dollars).
  • Selon les estimations du marché, les acheteurs récupèrent en moyenne 40 à 60 % des sommes investies en cas de faillite du promoteur.

Scénarios et options

Scénario 1 : retard de chantier, mais le promoteur est toujours actif

C'est le cas le plus fréquent. Le promoteur accuse un retard de 6 à 18 mois, mais le chantier est encore en activité. Le Civil and Commercial Code thaïlandais (section relative aux obligations contractuelles) autorise l'acheteur à envoyer une mise en demeure officielle (demand letter) exigeant l'exécution des obligations dans un délai précis. Si votre SPA (Sale and Purchase Agreement) contient des pénalités de retard, c'est votre principal levier de pression.

Démarche pratique : mandatez un avocat thaïlandais pour envoyer une demand letter via un notaire. Coût estimé : 15 000 à 30 000 bahts. Cette étape suffit souvent à relancer les négociations.

Scénario 2 : chantier gelé, mais la société existe toujours

La situation devient plus sérieuse. Si le promoteur est enregistré en tant que Thai Limited Company, vérifiez sa santé financière via la base de données du Département du Développement des Affaires (DBD, dbd.go.th). Les bilans des sociétés thaïlandaises sont publics.

Vos actions prioritaires :

  • Déposer une plainte auprès de l'Office de protection des consommateurs (OCPB).
  • Porter plainte auprès de la police pour escroquerie (si des indices d'intention frauduleuse existent), en vertu des articles 341 ou 343 du Code pénal thaïlandais.
  • Intenter une action civile devant le Provincial Court du lieu où se situe le bien.

Scénario 3 : la société est liquidée ou en faillite

C'est le scénario le plus défavorable. Si l'entité juridique du promoteur a fait l'objet d'une liquidation, vous devenez un créancier ordinaire. Selon le Bankruptcy Act B.E. 2483, les créanciers garantis (banques) sont prioritaires. Les acheteurs immobiliers se retrouvent généralement parmi les créanciers non garantis.

Réalité chiffrée : en cas de faillite d'un promoteur thaïlandais, les créanciers non garantis récupèrent en moyenne 10 à 30 % de leurs créances - parfois rien du tout.

Scénario 4 : le projet est repris par un autre promoteur

Ce cas s'est produit avec plusieurs projets à Koh Samui entre 2019 et 2021. Le nouveau promoteur peut proposer des conditions révisées : surface réduite, plans modifiés, délais prolongés. L'acheteur est libre d'accepter les nouvelles conditions ou de les refuser et d'exiger un remboursement par voie judiciaire.

Tableau comparatif des types d'acquisition

ParamètreCondominium (freehold)Villa (leasehold)Villa (freehold via société)
Cadre légalCondominium ActDroit contractuelDroit contractuel + droit des sociétés
Enregistrement du projetObligatoire au Land OfficeNon requisNon requis
Titre de propriété avant livraisonQuote-part foncière après enregistrementDroit contractuel uniquementActions de la société
Recours via l'OCPBOuiLimitéLimité
Délai moyen de récupération des fonds12 à 24 mois18 à 36 mois18 à 36 mois
Probabilité de récupérer 80 %+MoyenneFaibleFaible
Coût d'accompagnement juridique100 000 à 300 000 bahts150 000 à 500 000 bahts200 000 à 500 000 bahts

Principaux risques et erreurs

1. Signer un contrat sans clause pénale. Si votre SPA ne prévoit pas de pénalités explicites pour retard ou inexécution, il sera très difficile de prouver un préjudice devant un tribunal. Les sanctions doivent être exprimées en montant fixe ou en pourcentage de la valeur du bien.

2. Payer plus de 30 % du prix avant le début des travaux. La pratique standard sur le marché thaïlandais prévoit un échelonnement : 20 à 30 % à la signature, puis des versements par tranches selon l'avancement, et 40 à 50 % à la livraison. Si le promoteur exige 50 % ou plus au stade de la dalle, c'est un signal d'alarme sérieux.

3. Absence de permis de construire. Avant tout paiement, vérifiez que le projet dispose bien d'un Building Permit (Ror.Tor. 1) et, si nécessaire, d'une Étude d'impact environnemental (EIA). À Phuket, tout projet de plus de 79 unités ou dépassant 4 000 m² est soumis à l'EIA.

4. Virement sur un compte personnel. Les fonds doivent être versés sur le compte bancaire de la société du promoteur, enregistrée dans la base DBD. Un virement vers un compte personnel du directeur ou d'un tiers est un indicateur direct de fraude.

5. Absence de vérification du titre foncier. Le titre de propriété (Chanote) doit être exempt de toute hypothèque, charge ou litige. Une vérification peut être commandée auprès du Land Office pour 500 à 1 000 bahts.

6. Méconnaissance du délai de prescription. En droit thaïlandais, le délai de prescription pour les obligations contractuelles est de 10 ans (article 193/30 du Civil and Commercial Code). Pour les actions délictuelles, il est d'1 an à compter de la date à laquelle le manquement a été découvert. N'attendez pas.

7. Agir seul plutôt qu'en collectif. Se regrouper avec d'autres acheteurs lésés réduit les frais juridiques de 40 à 60 % et renforce considérablement la position de négociation.

FAQ

Puis-je récupérer mes fonds si le promoteur a disparu ? Si la société n'est pas encore liquidée, déposez une plainte pénale et engagez une action civile. Les tribunaux thaïlandais peuvent saisir les actifs de la société et de ses dirigeants. Si la société est liquidée, vos chances sont très faibles sans poursuites pénales contre les dirigeants.

Le droit thaïlandais me protège-t-il en tant qu'étranger ? Oui. Les ressortissants étrangers disposent des mêmes droits que les nationaux en matière de recours civils. Aucune restriction ne s'applique au dépôt de plainte. En revanche, la procédure se déroule en langue thaïe : un avocat titulaire d'une licence Thai Bar Association est indispensable.

Combien coûte une procédure judiciaire contre un promoteur ? De 100 000 à 500 000 bahts, selon la complexité du dossier et le montant en litige. Les frais de justice représentent 2 % du montant réclamé, plafonnés à 200 000 bahts.

Puis-je déposer une plainte à distance, sans me rendre en Thaïlande ? Oui, via une procuration (Power of Attorney) légalisée auprès du consulat ou de l'ambassade de Thaïlande dans votre pays de résidence. Cette démarche est accessible depuis la majorité des grandes villes européennes.

Quels documents réunir avant d'engager une procédure ?

  • L'original du SPA (contrat de vente)
  • L'ensemble des reçus et confirmations de paiement
  • Toute la correspondance avec le promoteur (e-mails, messageries)
  • Des photos et vidéos datées du chantier
  • Les brochures et supports marketing du projet
  • Un extrait DBD de la société du promoteur

Existe-t-il un fonds public d'indemnisation pour les acheteurs ? Non. La Thaïlande ne dispose pas d'un mécanisme étatique d'indemnisation comparable à ceux qui existent dans certains pays européens. La récupération de fonds ne peut passer que par la voie judiciaire ou par une négociation directe.

Comment distinguer un retard d'un gel de chantier ? Retard : le chantier est actif, des ouvriers et des engins sont présents, les clôtures sont entretenues. Gel : le site est vide depuis plus de 3 mois, le promoteur ne répond plus, les sous-traitants signalent des impayés. Vérifiez également l'existence d'éventuelles procédures judiciaires via le système cios.coj.go.th.

Vaut-il mieux recruter un avocat thaïlandais ou international ? Thaïlandais, sans hésitation. Seul un avocat titulaire de la licence Thai Bar Association peut vous représenter devant un tribunal thaïlandais. Les cabinets internationaux travaillent souvent avec des partenaires locaux, mais pratiquent des honoraires 3 à 5 fois supérieurs.

Liste de contrôle en cas de gel de chantier

  • Documenter l'état du chantier avec photos et vidéos horodatées
  • Envoyer une demande écrite au promoteur en recommandé
  • Vérifier la situation juridique de la société via dbd.go.th
  • Rechercher les éventuels litiges en cours via cios.coj.go.th
  • Consulter un avocat thaïlandais spécialisé dans les 30 jours
  • Déposer une plainte auprès de l'OCPB (gratuit, ligne directe 1166)
  • Contacter les autres acheteurs du projet pour envisager une action collective
  • Centraliser toute la correspondance et les justificatifs de paiement dans un stockage sécurisé

La règle fondamentale : agissez vite. Chaque mois de passivité réduit vos chances de récupération, car le promoteur peut organiser une sortie d'actifs. La première étape est toujours une consultation juridique avec un avocat thaïlandais spécialisé en immobilier et en litiges de construction.

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