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Structure de propriété pour une villa en Thaïlande : 4 montages juridiques pour les étrangers en 2026

12 мая 2026 г.

Acquérir une villa en Thaïlande en tant qu'étranger est parfaitement réalisable - mais pas de la façon dont on le fait dans la plupart des autres pays. La loi foncière thaïlandaise (Land Code Act B.E. 2497, promulguée en 1954) interdit formellement aux ressortissants étrangers de détenir un titre de propriété foncière en leur nom propre. Pourtant, chaque année, des milliers d'expatriés et d'investisseurs internationaux achètent des villas à Phuket, Koh Samui ou dans la périphérie de Bangkok. Ils y parviennent grâce à des montages juridiques éprouvés, chacun offrant un équilibre différent entre contrôle, risque et coût.

Le choix de la structure conditionne bien plus que la conformité légale : il détermine la fiscalité applicable, les conditions de revente, et les possibilités de transmission aux héritiers. Une erreur commise dès le départ peut coûter 5 à 15 % de la valeur du bien lors d'une tentative de restructuration ultérieure.

Cet article analyse en détail les quatre montages principaux disponibles en 2026 : la société thaïlandaise, le bail emphytéotique, l'usufruit, et la copropriété avec un conjoint thaïlandais. Chiffres précis, sans approximations.

Réponse rapide

  • Société thaïlandaise (Thai Co., Ltd.) : l'étranger détient jusqu'à 49 % du capital directement, et conserve le contrôle via des actions privilégiées à droit de vote renforcé
  • Bail emphytéotique (Leasehold 30 ans) : enregistré au Département foncier, il confère un droit d'usage sans droit de propriété sur le terrain - renouvelable jusqu'à 30+30+30 ans
  • Usufruit (สิทธิเก็บกิน) : droit d'usage viager et de perception des revenus, inscrit au dos du titre Chanote
  • Copropriété avec un conjoint thaïlandais : le terrain est enregistré au nom du conjoint citoyen, l'étranger signant une renonciation formelle à ses droits sur le foncier
  • Le coût de mise en place d'une structure varie de 15 000 à 250 000 bahts selon le montage choisi
  • Les frais annuels de maintien d'une société thaïlandaise s'élèvent à 20 000-50 000 bahts (comptabilité, audit, dépôt des comptes)

Scénarios et options

Société thaïlandaise (Thai Co., Ltd.)

C'est le montage utilisé par 70 à 80 % des acheteurs étrangers de villas à Phuket, selon les estimations du marché. L'étranger détient 49 % des actions, tandis que des actionnaires thaïlandais nominaux détiennent 51 %. Le contrôle effectif est assuré par une structure d'actions privilégiées avec un rapport de droits de vote de 1:10, combinée à la fonction de directeur général.

Le capital social minimum pour l'acquisition d'un bien immobilier doit représenter au moins 25 % de la valeur du bien. Le Département foncier vérifie que la société exerce une activité réelle et que le capital libéré correspond à la valeur de l'actif acquis.

Point d'attention majeur en 2026 : le Département foncier (กรมที่ดิน) a renforcé ses contrôles sur les sociétés écrans - celles qui ne déposent pas de déclarations fiscales ou n'ont aucun chiffre d'affaires. Un enregistrement de transaction peut être bloqué pour ce motif. D'après le Bangkok Post, plusieurs dizaines de dossiers ont été rejetés pour cette raison en 2025.

Coût de création : 80 000-150 000 bahts (immatriculation et accompagnement juridique). Frais annuels : 20 000-50 000 bahts.

Bail emphytéotique (Leasehold 30 ans)

Le contrat de location foncière d'une durée de 30 ans est enregistré au Département foncier et inscrit au dos du titre Chanote. Il s'agit de la seule forme de bail qui protège le locataire en cas de changement de propriétaire du terrain.

La pratique du 30+30+30 (trois périodes successives de 30 ans) peut être stipulée dans un contrat séparé, mais le renouvellement n'est pas garanti par la loi. Un tribunal n'est pas tenu de contraindre le bailleur à renouveler le bail. C'est le risque principal à prendre en compte.

La construction bâtie sur le terrain loué peut appartenir directement à l'étranger - via un enregistrement séparé du droit sur le bâtiment (Sor Bor Tor 5 ou permis de construire). Cela crée une structure à deux niveaux : terrain en location, maison en pleine propriété.

Coûts : droit d'enregistrement de 1,1 % de la valeur locative totale sur la durée du bail, plus frais juridiques de 40 000-80 000 bahts.

Usufruit (สิทธิเก็บกิน)

Peu utilisé mais particulièrement puissant. Les articles 1417 à 1428 du Code civil et commercial thaïlandais accordent à l'usufruitier le droit d'utiliser le terrain et le bâtiment, d'en percevoir les revenus (location), et d'y effectuer des améliorations - pour toute la durée de sa vie ou pour une période fixe n'excédant pas 30 ans.

L'usufruit est inscrit au dos du Chanote. Le propriétaire du terrain ne peut pas vendre le bien sans l'accord de l'usufruitier, et tout acquéreur est tenu de respecter le droit enregistré.

Limitation importante : l'usufruit n'est pas transmissible par voie successorale (article 1418). Au décès de l'usufruitier, le droit revient au propriétaire. Ce montage est donc inadapté à la transmission aux enfants.

Coûts : droit d'enregistrement de 1,1 % de la valeur estimée du bien, plus honoraires juridiques de 30 000-60 000 bahts.

Copropriété avec un conjoint thaïlandais

Lorsqu'un étranger est marié à un ressortissant thaïlandais, le terrain est enregistré au nom du conjoint. Lors de l'acquisition, l'étranger signe une déclaration officielle (formulaire Tor Dor 21) attestant que les fonds appartiennent au conjoint thaïlandais et qu'il renonce à tout droit sur le foncier.

C'est le montage le plus simple et le moins coûteux, mais aussi le plus risqué. En cas de divorce, le terrain appartient juridiquement au conjoint thaïlandais. Un tribunal peut reconnaître une copropriété sur la base de preuves d'investissement conjoint, mais la procédure est longue et imprévisible.

Pour se protéger, il est recommandé d'établir un bail emphytéotique ou un usufruit en faveur du conjoint étranger, superposé au droit de propriété du conjoint thaïlandais. Cela crée un filet de sécurité efficace.

Tableau comparatif des 4 structures

CritèreSociété thaïlandaiseLeasehold 30 ansUsufruitConjoint thaïlandais
Contrôle sur le terrainÉlevé (via actions)Moyen (droit d'usage)Élevé (viager)Faible (dépend du conjoint)
Coût de mise en place80 000-150 000 bahts40 000-80 000 bahts + 1,1 %30 000-60 000 bahts + 1,1 %15 000-30 000 bahts
Frais annuels20 000-50 000 bahtsAucunAucunAucun
Transmission successoraleOui (cession d'actions)Limitée (jusqu'à expiration)Non (s'éteint au décès)Dépend du testament du conjoint
ReventeCession des parts socialesCession du bailImpossibleVia le conjoint
Risque en cas de changement législatifÉlevé (sociétés écrans)Faible (droit enregistré)Faible (droit enregistré)Moyen (droit de la famille)
Accès au crédit immobilierPossible (banque thaïlandaise)Très difficileImpossiblePossible (au nom du conjoint)

Principaux risques et erreurs

1. Les actionnaires nominaux échappent au contrôle. Si les actionnaires thaïlandais de votre société décident d'agir de manière autonome, ils détiennent formellement 51 % du capital. La protection passe par une structure d'actions correctement rédigée, des procurations et un nantissement des parts en votre faveur. Sans avocat expérimenté, c'est une bombe à retardement.

2. Le bail n'est pas enregistré au Département foncier. Un leasehold qui n'existe que sur papier et n'est pas inscrit sur le Chanote ne protège pas contre une vente du terrain à un tiers. Vérifiez personnellement la mention au dos du titre foncier.

3. La société ne tient pas de comptabilité. L'amende pour non-dépôt du bilan annuel peut atteindre 200 000 bahts pour le directeur. La société est inscrite sur liste noire, ce qui bloque toute opération immobilière ultérieure.

4. Absence de testament régi par le droit thaïlandais. Un testament rédigé dans votre pays de résidence ne produit pas d'effets automatiques en Thaïlande. Sans testament thaïlandais, les héritiers devront engager une procédure devant un tribunal thaïlandais, d'une durée de 6 à 18 mois, nécessitant la désignation d'un administrateur successoral.

5. Acquisition sans due diligence. La vérification minimale porte sur : le statut du Chanote (à éviter : Nor Sor 3 ou Nor Sor 3 Gor pour les parcelles excentrées), l'absence de charges ou saisies, la conformité au zonage (zone jaune résidentielle), et la vérification du permis de construire.

6. Transfert de fonds sans formulaire FET. Les fonds destinés à l'achat d'un bien immobilier doivent transiter depuis l'étranger via une banque thaïlandaise et donner lieu à l'émission d'un formulaire FET (anciennement Thor Tor 3). Sans ce document, la revente et le rapatriement des fonds seront bloqués.

FAQ

Un étranger peut-il posséder un terrain en Thaïlande ? Non. Le Land Code Act interdit explicitement aux étrangers de détenir un terrain en propre. L'exception concerne les investissements supérieurs à 40 millions de bahts dans le cadre d'un programme BOI, mais les conditions sont extrêmement strictes et ce cas reste très rare.

Quel est le montage le plus sûr pour acheter une villa ? Pour la majorité des acheteurs, il s'agit de la société thaïlandaise dotée d'une structure d'actions bien construite, mise en place par un avocat expérimenté. Pour ceux qui souhaitent éviter les frais annuels d'entretien de société, le leasehold combiné à la propriété du bâtiment constitue une alternative solide.

Combien coûte l'entretien annuel d'une société thaïlandaise ? Entre 20 000 et 50 000 bahts selon le chiffre d'affaires et la complexité des déclarations. Ce montant couvre la comptabilité, l'audit, le dépôt du bilan auprès du DBD (Department of Business Development) et les obligations fiscales.

Que devient la villa si je décède sans testament ? La succession suit le droit thaïlandais. Pour une société, les actions sont réparties entre les héritiers de premier rang. Pour un leasehold, le bail continue jusqu'à son terme. Pour un usufruit, le droit s'éteint et le terrain revient au propriétaire.

Peut-on combiner plusieurs structures ? Oui, et c'est même une pratique recommandée. Par exemple : une société thaïlandaise détient le terrain, et un usufruit est enregistré au nom de l'étranger comme double protection. Ou encore : le conjoint thaïlandais est propriétaire du terrain, avec un bail de 30 ans consenti à l'étranger.

Les banques thaïlandaises acceptent-elles une villa détenue via société comme garantie ? Certaines banques thaïlandaises (Bangkok Bank, Kasikorn) examinent ces demandes, mais les conditions sont plus strictes : apport de 30 à 50 %, taux d'intérêt de 5 à 7 % par an, durée maximale de 15 ans. L'étranger doit généralement disposer d'un permis de travail ou justifier de revenus en Thaïlande.

Comment vérifier que le Chanote est 'propre' ? Demandez un extrait au Département foncier (document Khor Lor 1). Ce document indique tous les propriétaires enregistrés, les charges, les saisies et les droits de tiers inscrits. Le coût de cette demande est symbolique.

Faut-il obligatoirement un avocat pour acheter une villa en Thaïlande ? Sans aucun doute. Les honoraires d'un avocat (50 000-150 000 bahts) constituent une assurance contre la perte de la totalité de votre investissement. L'avocat réalise la due diligence, structure la transaction, enregistre les droits et prépare le testament thaïlandais.

Le choix de la structure de détention d'une villa n'est pas une formalité administrative - c'est le fondement même de votre investissement. Un montage adapté protège votre capital, simplifie la transmission et garantit une sortie de l'actif dans de bonnes conditions. Commencez toujours par une consultation auprès d'un avocat spécialisé en immobilier pour les étrangers avant de sélectionner un bien.

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