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Partenariat en Thaïlande : 5 formes juridiques, risques et guide pratique 2026

29 мая 2026 г.

Créer une société en Thaïlande avec un associé local est l'une des décisions les plus structurantes qu'un investisseur étranger puisse prendre en Asie du Sud-Est. Pourtant, chaque année, des dizaines de sociétés à participation étrangère sont dissoutes par les autorités thaïlandaises pour non-conformité. Les propriétaires perdent non seulement leur activité, mais aussi leurs actifs et parfois leur droit de séjour dans le pays. Dans la grande majorité des cas, la cause est identique : une mauvaise structuration du partenariat dès le départ.

Pour un investisseur international souhaitant s'implanter en Thaïlande, qu'il s'agisse de commerce, de production ou de services, il est indispensable de comprendre les formes juridiques disponibles, les mécanismes de contrôle réels et les pièges les plus courants. Ce guide présente les cinq structures principales, leurs avantages comparatifs et les erreurs à éviter absolument.

Réponse rapide

Voici les points essentiels à retenir avant d'aller plus loin :

  • Le Foreign Business Act (FBA) limite la participation étrangère à 49 % du capital dans la majorité des secteurs d'activité.
  • Il existe cinq formes légales de partenariat : la société ordinaire non enregistrée, la société en commandite enregistrée, la SARL thaïlandaise (Co., Ltd.), le Treaty of Amity (réservé aux citoyens américains) et la structure via le BOI (Board of Investment).
  • Le capital social minimum pour obtenir un permis de travail est de 2 millions de bahts par employé étranger.
  • L'immatriculation d'une Co., Ltd. prend 2 à 4 semaines ; une accréditation BOI nécessite 3 à 6 mois.
  • Le recours à des actionnaires thaïlandais fictifs ('nominees') est passible d'une amende allant jusqu'à 1 million de bahts et d'une peine d'emprisonnement pouvant atteindre 3 ans (article 36 du FBA).
  • Une société BOI permet à un étranger de détenir 100 % du capital dans les secteurs prioritaires définis par l'État.

Scénarios et options

Scénario 1 : la SARL thaïlandaise classique avec associé local (Co., Ltd.)

C'est la structure la plus répandue pour les investisseurs étrangers. L'étranger détient 49 % des parts, son associé thaïlandais (ou un groupe d'associés) en détient 51 %. La société est enregistrée auprès du Department of Business Development (DBD) relevant du ministère du Commerce.

La vraie question n'est pas la répartition du capital, mais le contrôle effectif. Le droit des sociétés thaïlandais permet de créer des classes d'actions différenciées. Les actions privilégiées (preferred shares) peuvent conférer à l'associé étranger un droit de veto sur les décisions critiques : cession d'actifs, émission de nouvelles actions, changement de dirigeants. Les statuts peuvent également stipuler que la direction opérationnelle est assurée par un directeur étranger.

Point crucial : les associés thaïlandais doivent être de véritables investisseurs. Ils doivent être en mesure de justifier l'origine des fonds apportés au capital social. Le Revenue Department et le DBD effectuent des contrôles réguliers. Si un actionnaire thaïlandais s'avère être un employé de maison ou un chauffeur à qui des actions ont été 'offertes', la société est liquidée sans délai.

Scénario 2 : accréditation BOI avec propriété étrangère à 100 %

Le Board of Investment thaïlandais accorde des avantages considérables aux entreprises opérant dans des secteurs prioritaires : industrie manufacturière, technologies numériques, transformation agroalimentaire et logistique. Une société accréditée BOI bénéficie de :

  • 100 % de propriété étrangère, sans restriction du FBA
  • Exonération d'impôt sur les sociétés pendant 3 à 8 ans
  • Autorisation de détenir des terrains en pleine propriété
  • Visas de travail simplifiés pour les employés étrangers

Selon les données publiées par le BOI, le volume des projets d'investissement approuvés en 2024 a atteint 897 milliards de bahts, un record historique. Les investisseurs chinois, japonais et taïwanais relocalisent activement leur production hors de Chine vers la Thaïlande. Les investisseurs européens et moyen-orientaux commencent à exploiter cette opportunité, sans aucune restriction liée à la nationalité.

Limite principale : le BOI exige une activité productive ou technologique réelle. Le négoce pur ou l'activité d'intermédiaire commercial ne sont pas éligibles.

Scénario 3 : la société en commandite enregistrée (Registered Partnership)

Cette structure est l'équivalent d'une société en commandite. Un associé assume une responsabilité illimitée, les autres voient leur responsabilité limitée à leur apport. L'enregistrement est plus simple et moins coûteux qu'une Co., Ltd. Elle convient aux projets collaboratifs à taille modeste : restaurant, cabinet de conseil, studio de design.

Un étranger peut être commanditaire (limited partner) avec une participation allant jusqu'à 49 %, mais dans cette position, il ne peut pas assurer la gestion quotidienne. S'il souhaite exercer le contrôle opérationnel, il doit devenir commandité (general partner), avec une responsabilité personnelle illimitée à la clé.

Scénario 4 : les zones économiques spéciales (EEC et IEAT)

L'Eastern Economic Corridor (EEC) et les zones industrielles gérées par l'Industrial Estate Authority of Thailand (IEAT) proposent un régime distinct pour les investisseurs étrangers. Ces zones permettent de louer des locaux industriels clés en main, de bénéficier d'avantages fiscaux et d'un régime de visa simplifié.

L'EEC couvre les provinces de Chonburi, Rayong et Chachoengsao, soit une zone accessible en moins de deux heures depuis Bangkok. Les entreprises des secteurs de l'électronique, de l'automobile et des biotechnologies peuvent obtenir des avantages prolongés jusqu'à 13 ans.

Tableau comparatif des structures

CritèreCo., Ltd. (49/51)Société BOISociété en commanditeZone EEC/IEAT
Participation étrangèreJusqu'à 49 %Jusqu'à 100 %Jusqu'à 49 %Jusqu'à 100 %
Délai d'immatriculation2 à 4 semaines3 à 6 mois1 à 2 semaines2 à 6 mois
Capital minimum2 millions de bahtsSelon le projetAucun minimumSelon la zone
Avantages fiscauxAucun3 à 8 ans d'exonérationAucunJusqu'à 13 ans
Droit à la propriété foncièreNon (via la société)OuiNonBail jusqu'à 50 ans
Adapté au commerceOuiNonOuiLimité
Complexité de sortieMoyenneÉlevéeFaibleÉlevée

Principaux risques et erreurs

1. Les actionnaires fictifs ('nominees'). C'est le risque le plus grave pour tout investisseur étranger. Le schéma 'je finance, les Thaïlandais détiennent les parts' constitue une violation directe du FBA. Le DBD a renforcé ses contrôles : il analyse désormais les virements bancaires, les déclarations fiscales des actionnaires et la réalité de leur implication dans l'activité.

2. Les accords verbaux avec l'associé. Dans la culture des affaires thaïlandaise, les relations reposent sur la confiance et le concept de 'kreng jai' (ne pas mettre l'autre dans l'embarras). Ce que l'investisseur étranger perçoit comme un accord ferme n'est souvent qu'un geste de politesse pour son interlocuteur. Toutes les conditions doivent être formalisées par écrit, en thaï et en anglais.

3. L'absence de pacte d'actionnaires. Les statuts de la société (Memorandum of Association) sont un document public. Un pacte d'actionnaires (Shareholders' Agreement) distinct documente les véritables arrangements : qui prend les décisions, comment les bénéfices sont distribués, comment un associé peut céder ses parts.

4. Le mauvais choix de directeur. Dans une Co., Ltd. thaïlandaise, c'est le directeur qui contrôle les comptes bancaires et signe les contrats. Si le seul directeur désigné est votre associé thaïlandais, vous perdez de facto le contrôle des flux financiers. Solution recommandée : nommer deux codirecteurs avec obligation de double signature.

5. Négliger le droit du travail. Pour chaque employé étranger bénéficiant d'un permis de travail, la société est tenue d'embaucher 4 salariés thaïlandais. Ce n'est pas une formalité, des contrôles sont effectués régulièrement.

6. Choisir un associé par opportunité. Un guide touristique, un chauffeur ou une connaissance de passage sont de mauvais candidats à un partenariat commercial. Privilégiez les introductions via la Thai Chamber of Commerce, des associations sectorielles reconnues ou un cabinet juridique spécialisé.

FAQ

Un étranger peut-il détenir 100 % d'une société en Thaïlande sans passer par le BOI ? Oui, mais uniquement dans les secteurs non restreints par le FBA. Par exemple, le développement logiciel, le commerce d'exportation (avec une licence FBL) et certaines activités de conseil figurent parmi les exceptions. La liste complète des restrictions est définie dans les trois annexes du FBA.

Quel est le coût d'immatriculation d'une société en Thaïlande ? L'immatriculation d'une Co., Ltd. coûte entre 30 000 et 80 000 bahts en honoraires juridiques, auxquels s'ajoutent les frais officiels. Un dossier de demande BOI revient à partir de 150 000 bahts pour la préparation des documents.

Comment vérifier la fiabilité d'un associé thaïlandais ? Demandez un extrait du registre DBD (200 bahts), vérifiez son historique de crédit via le National Credit Bureau et consultez les registres judiciaires publics. Un audit de conformité (due diligence) réalisé par un cabinet juridique démarre autour de 50 000 bahts.

Que faire si l'associé agit de mauvaise foi ? Le droit des sociétés thaïlandais prévoit la possibilité de demander la liquidation forcée ou le rachat forcé des parts. La procédure dure généralement 1 à 3 ans. L'insertion d'une clause compromissoire dans le pacte d'actionnaires permet d'accélérer la résolution des litiges via l'arbitrage.

Une licence thaïlandaise est-elle nécessaire pour importer des marchandises ? Oui. La société doit s'enregistrer auprès du Département des douanes et obtenir un numéro d'importateur. Pour certaines catégories de produits (alimentation, cosmétiques, dispositifs médicaux), des autorisations supplémentaires délivrées par la FDA Thaïlande sont obligatoires.

Quels impôts une société mixte doit-elle acquitter ? L'impôt sur les sociétés est de 20 % sur le bénéfice net. La TVA est de 7 %. Les dividendes sont soumis à une retenue à la source de 10 %. La Thaïlande dispose d'un réseau de conventions fiscales bilatérales avec de nombreux pays pour éviter la double imposition.

Un étranger peut-il être directeur d'une société thaïlandaise ? Oui. Il lui faut un permis de travail (Work Permit) et un visa d'affaires de catégorie Non-B. La procédure d'obtention prend 3 à 6 semaines après l'immatriculation de la société.

Quelles sont les principales différences avec une société occidentale classique ? Une Co., Ltd. thaïlandaise requiert au minimum 3 actionnaires (contre un seul dans la plupart des structures européennes). Le directeur dispose de pouvoirs nettement plus étendus qu'en Europe. Enfin, un audit annuel est obligatoire pour toutes les sociétés, quel que soit leur chiffre d'affaires.

Est-il possible de transférer une activité hors de Thaïlande ? Oui, mais cela implique la liquidation de l'entité juridique thaïlandaise. Le processus prend 6 à 12 mois et comprend un contrôle fiscal portant sur les cinq dernières années d'activité. Les actifs et licences ne sont pas transférables automatiquement.

Un partenariat bien structuré en Thaïlande ouvre l'accès à un marché régional de 680 millions de consommateurs au sein de l'ASEAN. De nombreux entrepreneurs ayant consolidé leur activité dans le pays réinvestissent leurs bénéfices dans l'immobilier thaïlandais, générant ainsi des revenus locatifs complémentaires.

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