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Posséder un bien immobilier en Thaïlande en tant qu'étranger : 5 structures légales en 2026

19 мая 2026 г.

En Thaïlande, un étranger ne peut pas posséder de terrain. C'est une interdiction explicite inscrite dans le Land Code Act B.E. 2497 (1954). Pourtant, des milliers d'investisseurs européens, asiatiques et nord-américains y achètent chaque année des condominiums, des villas et des locaux commerciaux. Comment ? Grâce à cinq structures légales distinctes, chacune avec ses propres limites, ses implications fiscales et son niveau de protection juridique.

La réponse de fond est la suivante : le condominium en freehold reste le seul format permettant à un étranger d'obtenir un titre de propriété direct, enregistré à son nom auprès du Département foncier thaïlandais. Toutes les autres options reposent sur un bail, une structure d'entreprise, ou une combinaison des deux.

Réponse rapide

  • Condominium en freehold : un étranger peut détenir jusqu'à 49 % de la surface totale d'un immeuble (Condominium Act B.E. 2522)
  • Leasehold (bail enregistré) : durée maximale enregistrée de 30 ans, avec options de renouvellement de 30+30 ans - mais ces renouvellements ne sont pas garantis par la loi
  • Société thaïlandaise (Thai Co., Ltd.) : l'étranger détient jusqu'à 49 % des parts, les associés thaïlandais 51 % - utilisée pour acquérir des terrains et des villas
  • Investissement BOI : à partir de 40 millions de bahts (environ 1,1 million de dollars), le Board of Investment peut autoriser la détention directe d'un terrain allant jusqu'à 1 rai (1 600 m²)
  • Usufruit et superficie : droits réels enregistrés au Département foncier, valables jusqu'à 30 ans (ou à vie pour l'usufruit)

Scénarios et options

Scénario 1 : achat d'un appartement en condominium (freehold)

C'est la voie la plus directe et la plus sûre. L'étranger acquiert une unité dans un condominium enregistré et reçoit un Chanote (titre complet) à son nom. La contrainte principale est le quota étranger : pas plus de 49 % de la surface d'un projet ne peut appartenir à des non-résidents.

L'autre condition incontournable : le paiement doit être effectué par virement bancaire international en devise étrangère, ce qui permet d'obtenir le formulaire Foreign Exchange Transaction Form (FETF) auprès de la banque thaïlandaise réceptrice. Sans ce document, le Département foncier refusera l'enregistrement.

Points de contrôle essentiels :

  • Vérifier auprès d'un avocat que le quota étranger de 49 % n'est pas épuisé
  • Confirmer que le projet est enregistré en tant que condominium juristic person
  • Effectuer le virement bancaire en précisant la mention 'purchase of condominium unit'
  • Obtenir le FETF auprès de la banque réceptrice
  • Vérifier l'absence d'hypothèques, saisies ou servitudes sur l'unité

Scénario 2 : villa ou maison individuelle (leasehold)

Un étranger ne peut pas posséder le terrain, mais il peut le louer pour 30 ans avec enregistrement au Département foncier. Le bâtiment, lui, peut faire l'objet d'un titre de propriété séparé - via un contrat de superficie ou par enregistrement du droit sur la construction.

Le piège classique : de nombreux promoteurs promettent un renouvellement de 30+30 ans. Or la loi thaïlandaise n'oblige pas le bailleur à renouveler le bail. Ce renouvellement n'est qu'une obligation contractuelle que les héritiers du propriétaire pourraient, en théorie, contester.

Comment limiter l'exposition :

  • Signer un bail pour la durée maximale de 30 ans
  • Inclure des pénalités contractuelles en cas de refus de renouvellement
  • Enregistrer séparément un droit de superficie sur la construction
  • Envisager l'ajout d'un usufruit enregistré pour renforcer la protection

Scénario 3 : société thaïlandaise (Thai Co., Ltd.)

L'étranger crée une société thaïlandaise dans laquelle il détient 49 % des actions, les actionnaires thaïlandais nominatifs détenant 51 %. La société achète ensuite le terrain et la villa.

Cette structure est répandue, mais elle comporte des risques sérieux. Depuis 2023, le Département foncier a considérablement durci les contrôles portant sur les sociétés à actionnaires thaïlandais nominatifs. Si les actionnaires thaïlandais sont identifiés comme des prête-noms sans participation réelle ni apport de capital, la transaction peut être annulée et le terrain confisqué.

Conditions pour que la structure soit légalement solide :

  • Les actionnaires thaïlandais apportent un capital réel proportionnel à leur participation
  • La société exerce une activité économique réelle (location du bien, par exemple)
  • Les rapports annuels et les audits sont déposés dans les délais
  • Les actionnaires peuvent prouver leur investissement de manière concrète

Scénario 4 : investissement via le BOI (Board of Investment)

Peu d'investisseurs privés explorent cette voie, à tort. La section 96 bis du Land Code autorise un étranger à posséder directement jusqu'à 1 rai de terrain à condition d'investir au moins 40 millions de bahts dans des actifs approuvés par le BOI (obligations d'État, fonds d'infrastructure). Les fonds sont immobilisés pendant au minimum 5 ans. C'est une approche coûteuse, mais elle offre la structure juridique la plus solide qui soit.

Scénario 5 : usufruit et superficie

L'usufruit (สิทธิเก็บกิน) est un droit réel enregistré permettant d'utiliser le bien d'autrui et d'en percevoir les revenus. La superficie (สิทธิเหนือพื้นดิน) confère le droit de construire et de posséder des bâtiments sur le terrain d'un tiers. Ces deux droits sont enregistrés au Département foncier et peuvent être valables jusqu'à 30 ans, voire à vie pour l'usufruit.

La combinaison leasehold + superficie + usufruit est considérée comme la structure la plus protectrice pour une villa, sans avoir recours à une société.

Tableau comparatif des structures

ParamètreFreehold (condo)Leasehold 30 ansThai Co., Ltd.Investissement BOIUsufruit
Type de bienAppartementVilla / terrainTous typesTerrain jusqu'à 1 raiTous types
Propriété directeOuiNon (bail)Via sociétéOuiNon (droit d'usage)
Budget minimumÀ partir de 3 M THBÀ partir de 5 M THBÀ partir de 8 M THBÀ partir de 40 M THBÀ partir de 5 M THB
DuréeIllimitée30 ans (+30+30)IllimitéeIllimitéeJusqu'à 30 ans / à vie
Risque juridiqueFaibleMoyenÉlevéFaibleFaible
Transmission héréditaireSimpleNécessite renouvellementVia les parts socialesSimpleNon transmissible
Complexité administrativeFaibleMoyenneÉlevéeTrès élevéeMoyenne

Principaux risques et erreurs

1. Acheter un condo sans vérifier le quota étranger. Si le quota de 49 % est déjà atteint, l'acheteur ne peut enregistrer l'unité qu'en leasehold. Certains agents dissimulent cette information jusqu'au moment du paiement.

2. Actionnaires nominatifs sans apport de capital réel. Le Département foncier multiplie les audits des Thai Co., Ltd. À Phuket, une vague de contrôles menée en 2024 et 2025 a conduit plusieurs sociétés à recevoir des injonctions de mise en conformité.

3. Absence de FETF. Sans attestation bancaire prouvant un virement en devise étrangère, l'enregistrement de la propriété d'un condominium est impossible. Le virement doit être effectué en devise étrangère - la conversion s'effectue à l'arrivée dans la banque thaïlandaise.

4. Bail non enregistré au Département foncier. Tout bail supérieur à 3 ans doit être enregistré officiellement. Un bail de 30 ans non enregistré n'a de valeur juridique que pour une durée de 3 ans.

5. Due diligence insuffisante sur le titre de propriété. Tous les documents fonciers en Thaïlande n'ont pas la même valeur. Le Chanote (Nor Sor 4 Jor) est le seul titre complet. Le Nor Sor 3 Gor confirme la possession, mais les délimitations peuvent être imprécises. Le Sor Kor 1 est une simple notification d'usage - il est formellement déconseillé d'y acheter ou de construire.

6. Absence de testament rédigé selon le droit thaïlandais. Un testament européen ne s'applique pas aux actifs détenus en Thaïlande. Un testament séparé, rédigé selon la législation thaïlandaise et signé devant deux témoins, est indispensable.

FAQ

Un étranger peut-il acheter un appartement en Thaïlande en 2026 ? Oui. Il n'existe aucune restriction par nationalité. Tout étranger peut acquérir un condominium en freehold, à condition que le quota de 49 % ne soit pas épuisé dans le projet concerné.

Quels sont les frais d'acquisition habituels ? Les coûts standards comprennent : 2 % de transfer fee (généralement partagés entre acheteur et vendeur), 0,5 % de stamp duty ou 3,3 % de specific business tax (selon la durée de détention du vendeur), et 1 % de withholding tax à la charge du vendeur. L'acheteur supporte en général entre 1 % et 3 % de la valeur estimée.

Peut-on acheter un terrain à Phuket à son propre nom ? Non. La détention directe d'un terrain n'est possible que via le BOI, pour un investissement à partir de 40 millions de bahts. Les alternatives sont le leasehold de 30 ans ou la Thai Co., Ltd.

Que devient le bien immobilier en cas de décès du propriétaire étranger ? Sans testament thaïlandais, la succession est régie par le droit local. Un héritier étranger est tenu de revendre le terrain dans un délai de 1 an (si la détention était structurée via une société), ou de renégocier le bail leasehold.

Un avocat est-il indispensable pour acheter un condominium ? Formellement, non. Dans la pratique, oui. Les honoraires d'un accompagnement juridique complet s'élèvent généralement à 30 000 - 80 000 THB (environ 800 à 2 300 dollars). L'avocat vérifie le titre, le contrat, le quota, les éventuelles charges et effectue le due diligence sur le promoteur.

Quel document prouve la propriété en Thaïlande ? Le Chanote (Nor Sor 4 Jor) est le seul titre de propriété complet. Toutes les transactions, charges et restrictions y sont inscrites au verso du document.

Peut-on louer un condominium acheté en freehold ? Oui, mais pour les locations de courte durée (moins de 30 jours), une licence hôtelière est requise. La location longue durée (à partir d'un an) ne nécessite pas de licence.

Quel type de visa est nécessaire pour acheter un bien ? Aucun visa spécifique n'est requis pour l'achat. Il est possible d'acquérir un condominium même avec un visa touristique. En revanche, pour résider en Thaïlande, une autorisation de séjour adaptée reste nécessaire.

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