Ces informations sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil juridique. Consultez un avocat agréé avant toute transaction.

Retour à la bibliothèque

Code civil et commercial - mariage et régime matrimonial

Civil and Commercial Code, Book V (Family)

Les informations sont vérifiées et mises à jour chaque mois selon les sources officielles.

En bref

Le Livre V du Code civil et commercial thaïlandais régit le régime des biens entre époux, en distinguant les biens personnels (sin suan tua) et les biens communs de la communauté conjugale (sin somros). Cette distinction est déterminante pour les opérations foncières : un terrain enregistré au nom du conjoint thaïlandais est présumé bien commun, et l'étranger ne peut détenir de participation majoritaire sur ce bien.

https://www.thailandlawonline.com/1474

1465: Régime patrimonial supplétif en l'absence de contrat de mariage

En l'absence de convention matrimoniale conclue avant l'enregistrement du mariage, les relations patrimoniales des époux sont régies par les dispositions légales supplétives. Toute clause du contrat de mariage contraire à l'ordre public ou aux bonnes moeurs, ou soumettant les relations patrimoniales à un droit étranger, est dépourvue d'effet juridique.

1466: Conditions de validité formelle du contrat de mariage

Le contrat de mariage n'est valide que si ses stipulations sont inscrites au registre du mariage au moment de son enregistrement, ou s'il est rédigé par écrit, signé par les deux époux et par au moins deux témoins, et si mention de l'annexe du document est portée au registre. Le non-respect de ces formalités entraîne la nullité.

1467: Modification du contrat soumise à l'autorisation judiciaire

Après l'enregistrement du mariage, aucun des époux ne peut modifier unilatéralement le contrat de mariage. Toute modification ultérieure n'est possible qu'avec l'autorisation du tribunal, ce qui protège les deux époux ainsi que les tiers qui se sont fiés aux conditions initiales du contrat.

1470: Distinction entre biens personnels et biens communs

L'ensemble des biens des époux relève de l'une des deux catégories suivantes : les biens personnels (sin suan tua), appartenant à un seul époux, et les biens communs de la communauté conjugale (sin somros), appartenant aux deux époux conjointement. Cette distinction est au fondement de toutes les questions de propriété, de gestion et de partage des biens.

1471: Biens personnels (sin suan tua) : définition

Constituent des biens personnels les actifs appartenant à un époux avant le mariage, les effets à usage personnel (vêtements, bijoux), les instruments professionnels adaptés à sa situation, ainsi que les biens reçus pendant le mariage par succession ou donation. Ces biens demeurent en propriété exclusive de cet époux.

1472: La subrogation réelle préserve la nature des biens personnels

Lorsqu'un bien personnel est vendu, échangé ou détruit, le bien reçu en contrepartie conserve le même statut : le nouvel actif ou le produit de la vente reste un bien personnel. Cette règle de subrogation permet à l'époux de préserver le caractère personnel des valeurs acquises avant le mariage ou en dehors de celui-ci.

1473: Chaque époux administre librement ses biens personnels

Chaque époux dispose pleinement et librement de ses biens personnels et peut les vendre, les donner à bail, les hypothéquer ou les donner sans le consentement de l'autre époux. Ce dernier ne dispose d'aucun droit de regard ni de prétention automatique sur les actifs qualifiés de sin suan tua.

1474: Biens communs (sin somros) et présomption de communauté

Constituent des biens communs les actifs acquis par l'un ou l'autre des époux pendant le mariage, les biens reçus par testament ou donation avec mention expresse de leur caractère commun, ainsi que les revenus et fruits des biens personnels. En cas de doute sur la nature d'un actif, celui-ci est présumé bien commun.

1475: Droit à figurer en qualité de copropriétaire d'un bien commun

Lorsqu'un bien commun est soumis à enregistrement auprès d'une autorité publique (tel qu'un terrain ou un véhicule), l'époux peut exiger que son nom soit inscrit en qualité de copropriétaire. Cette inscription rend la propriété commune opposable aux autorités et aux tiers qui traitent avec cet actif.

1476: Les actes importants requièrent le consentement des deux époux

Les actes d'administration importants portant sur les biens communs doivent être accomplis conjointement par les deux époux ou avec le consentement de l'autre époux. Sont notamment concernés : la vente ou l'hypothèque d'un bien immobilier, la mise à bail pour une durée supérieure à trois ans, l'octroi de prêts ou les donations, la conclusion de transactions amiables et la soumission de litiges à l'arbitrage.

1476/1: Aménagement conventionnel des règles de gestion par contrat de mariage

Les époux peuvent convenir d'un mode de gestion des biens communs différent de la règle du consentement conjoint, mais uniquement dans le cadre d'un contrat de mariage valide. Si une telle convention confère à l'un des époux des droits excédant les limites fixées par la loi, la règle légale standard s'applique dans cette mesure.

1480: Annulation d'un acte accompli sans consentement

Lorsqu'un époux a accompli un acte requérant le consentement conjoint sans l'avoir obtenu, l'autre époux peut en demander l'annulation en justice, à condition de ne pas l'avoir ratifié ultérieurement. Toutefois, le tribunal ne prononcera pas l'annulation à l'égard d'un tiers ayant agi de bonne foi et à titre onéreux.

1482-1483: Besoins de la famille et protection contre une gestion préjudiciable

Même lorsque les biens communs sont administrés par un seul époux, l'autre est habilité à engager les dépenses courantes du ménage et à pourvoir aux besoins de la famille, obligations auxquelles répondent aussi bien les biens communs que les biens personnels des deux époux. En cas de risque de préjudice grave résultant de la gestion de l'autre époux, il peut saisir le tribunal afin de faire interdire l'acte dommageable.

1484: Administration exclusive ou partage judiciaire des biens

Un époux peut demander au tribunal de lui confier l'administration exclusive des biens communs ou d'en ordonner le partage, lorsque l'autre époux cause un préjudice excessif, ne subvient pas aux besoins de la famille, se trouve en état d'insolvabilité ou accumule des dettes excessives, entrave de manière injustifiée la gestion des biens, ou met de toute autre manière les biens communs en péril.

1533: Partage égal des biens communs lors du divorce

Lors de la dissolution du mariage, les biens communs sont partagés à parts égales entre les époux, indépendamment de celui qui les a acquis ou au nom de qui ils sont enregistrés. Les biens personnels ne font pas l'objet du partage et demeurent la propriété de leur titulaire. La règle de l'égalité des parts s'applique par défaut, sauf disposition contraire d'un contrat de mariage valide.

thai-spouse-land-acquisition: Terrain acquis par le conjoint thaïlandais : déclaration de bien personnel

L'étranger ne pouvant pas être propriétaire d'un terrain, tout terrain enregistré au nom du conjoint thaïlandais est présumé bien commun. Afin de procéder à l'enregistrement de l'acquisition, le Département foncier exige une déclaration conjointe des époux attestant que les fonds utilisés constituent des biens personnels du conjoint thaïlandais, ce qui conduit à qualifier le terrain de bien personnel (sin suan tua) de ce dernier, sans qu'aucune part de propriété ne revienne à l'étranger.

1469: Importance pratique pour la planification patrimoniale et successorale

Dans la mesure où les donations et les successions relèvent des biens personnels tandis que la plupart des acquisitions effectuées pendant le mariage constituent des biens communs, la rigueur documentaire est essentielle. La mention, dans un testament ou un acte de donation, du caractère personnel ou commun d'un actif, ainsi que la traçabilité de l'origine des fonds ayant financé l'acquisition, déterminent directement à qui reviendra cet actif en cas de divorce ou de décès.