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Migration des millionnaires en 2026 : pourquoi l'Asie devance l'Europe
En 2026, Singapour, Hong Kong et Dubaï captent un nombre record de résidents fortunés au détriment de Londres, Paris et Berlin. Le rapport Henley & Partners, publié le 16 juin 2026, documente un basculement structurel : le capital privé quitte massivement les juridictions occidentales pour rejoindre l'Asie et le Golfe. Ce n'est pas une tendance passagère, mais une reconfiguration durable de la carte mondiale de la richesse.
Pour les investisseurs déjà actifs en Asie du Sud-Est, ces chiffres ne sont pas abstraits. Ils influencent directement le prix de l'immobilier à Bangkok et à Phuket, la concurrence pour les meilleurs lots, ainsi que la politique de visas en Thaïlande et dans les pays voisins.
Faits cles
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Le rapport Private Wealth Migration 2026 de Henley & Partners, publié le 16 juin 2026, place Singapour en tête mondiale avec un score de compétitivité de mobilité de la richesse de 79,5/100, suivi par la Nouvelle-Zélande avec 75,8/100.
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Dubaï conserve son statut de hub majeur pour les migrants fortunés dans le Golfe.
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Le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France perdent en compétitivité face aux réformes fiscales et au durcissement des politiques budgétaires.
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Les Etats-Unis enregistrent une demande croissante pour leurs programmes de résidence et de citoyenneté auprès des investisseurs internationaux.
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La Thaïlande resserre son contrôle sur la propriété étrangère : le Bangkok Post rapporte un coup de frein sur les transactions de villas à Phuket, Koh Samui et Koh Phangan, les autorités ciblant les montages de prête-noms utilisés pour contourner le plafond de 49% de propriété étrangère.
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A Phuket, environ 60% des transactions de villas impliquent des acheteurs étrangers, contre près de 90% à Samui et Koh Phangan.
Histoire et contexte
Il y a cinq ans encore, Londres et Genève régnaient sans partage sur le capital privé. Les millionnaires ouvraient des comptes dans les banques suisses, achetaient des townhouses à Mayfair et considéraient cet ordre comme immuable. La réalité de 2026 raconte une autre histoire.
Le Royaume-Uni a introduit une série de mesures fiscales qui ont fragilisé le statut de non-dom (résident sans domicile fiscal permanent). L'Allemagne et la France continuent d'accroître la pression fiscale sur les grandes fortunes. L'Union européenne, dans son ensemble, s'oriente vers plus de transparence et d'échange d'informations fiscales. Le résultat était prévisible : ceux qui ont le choix partent.
Singapour a accueilli ce capital à bras ouverts. La cité-Etat, avec ses moins de 6 millions d'habitants, a bâti l'un des régimes fiscaux les plus attractifs au monde : aucune taxe sur les plus-values, un impôt sur les sociétés de 17%, et le programme Global Investor Programme qui permet d'obtenir la résidence permanente via un investissement à partir de 10 millions de dollars singapouriens (environ 7,5 millions de dollars). Selon Henley & Partners, Singapour affiche en 2026 le meilleur score mondial de compétitivité de mobilité de la richesse, avec 79,5/100, devant la Nouvelle-Zélande (75,8/100), portée par les réformes du visa Active Investor Plus.
Hong Kong, malgré les risques géopolitiques liés à la Chine, demeure un aimant à capitaux. Son atout : l'accès au marché chinois combiné à un système juridique anglo-saxon. Le programme Top Talent Pass Scheme, lancé fin 2022, a attiré des dizaines de milliers de professionnels et d'entrepreneurs.
Mais le phénomène le plus intéressant se joue dans l'ombre de ces géants. La Thaïlande, absente des gros titres du rapport Henley, construit discrètement sa propre infrastructure pour résidents fortunés. Le visa de long séjour LTR (Long-Term Resident Visa), introduit en 2022, offre un séjour de 10 ans aux 'citoyens du monde fortunés' avec un revenu minimum de 80 000 dollars par an ou des investissements en actifs thaïlandais à partir de 500 000 dollars. Le taux d'imposition pour les détenteurs de LTR est fixé à 17% sur les revenus générés en Thaïlande.
Concrètement, le marché de l'immobilier de luxe à Bangkok et sur les îles surchauffe non pas à cause du tourisme, mais de l'afflux de HNWI en quête d'une alternative à Singapour, à des prix 3 à 4 fois inférieurs. Le mètre carré dans un condominium haut de gamme à Bangkok coûte entre 5 000 et 8 000 dollars. A Singapour, un bien comparable atteint 20 000 à 30 000 dollars le mètre carré.
Mais ce marché se réorganise aussi de l'intérieur. Le Bangkok Post rapporte que la Thaïlande resserre les règles autour de la propriété étrangère, ciblant particulièrement les montages de prête-noms (nominee) utilisés pour contourner le plafond légal de 49% de propriété étrangère dans les copropriétés. A Phuket, environ 60% des transactions de villas concernent des acheteurs étrangers, une proportion qui grimpe à près de 90% à Koh Samui et Koh Phangan. Résultat immédiat : de nombreux acheteurs internationaux marquent une pause ou se tournent vers des baux longue durée et d'autres structures de détention, même si la demande sous-jacente pour les villas de la région reste solide.
A Phuket, ce resserrement s'accompagne paradoxalement d'une dynamique de prix haussière. La rareté du foncier en première et deuxième ligne de mer à Bang Tao pousse les valeurs à la hausse d'environ 10 à 15% par an, alimentée par l'arrivée d'entrepreneurs technologiques, de familles expatriées et d'investisseurs en quête de biens off-plan.
Le rapport Henley souligne un dernier point essentiel : la migration de capitaux en 2026 n'est pas une fuite, mais une stratégie assumée. Les grandes fortunes ne déménagent plus en bloc. Elles construisent un 'portefeuille de résidences' : un passeport aux Emirats arabes unis, un titre de séjour à Singapour, un bien immobilier en Thaïlande, une activité aux Etats-Unis. La diversification des juridictions est devenue aussi standard que la diversification d'un portefeuille financier.
FAQ
Quels pays d'Asie attirent le plus de millionnaires en 2026 ?
Selon Henley & Partners, Singapour occupe la première place mondiale avec un score de 79,5/100, suivi par la Nouvelle-Zélande (75,8/100). Dans le Golfe, Dubaï conserve la tête.
Pourquoi les millionnaires quittent-ils l'Europe ?
Les causes principales sont les réformes fiscales au Royaume-Uni (suppression du statut non-dom), la pression fiscale croissante en Allemagne et en France, et un recul général de la compétitivité des juridictions européennes pour le capital international.
La Thaïlande figure-t-elle parmi les destinations prisées des HNWI ?
Le rapport Henley ne cite pas la Thaïlande spécifiquement, mais le pays développe activement son visa LTR depuis 2022, avec un taux d'imposition fixe de 17% et un seuil d'entrée dès 80 000 dollars de revenu annuel.
Qu'est-ce qui rend Singapour si attractif pour les grandes fortunes ?
Une absence de taxe sur les plus-values, un impôt sur les sociétés de 17%, le programme Global Investor Programme accessible dès 10 millions de dollars singapouriens, une infrastructure financière solide et un Etat de droit stable.
Qu'est-ce qu'un 'portefeuille de résidences' ?
Une stratégie consistant à obtenir des titres de séjour et des biens immobiliers dans plusieurs juridictions simultanément, afin de diversifier les risques fiscaux, juridiques et politiques. En 2026, c'est une pratique courante chez les HNWI.
Comment la migration de capitaux affecte-t-elle les prix immobiliers en Thaïlande ?
L'afflux de résidents fortunés venus d'Europe et d'Asie fait grimper la demande pour les biens haut de gamme. Le prix moyen du mètre carré dans les condominiums premium de Bangkok s'établit entre 5 000 et 8 000 dollars, soit 3 à 4 fois moins qu'à Singapour pour un niveau de vie comparable.
Le durcissement des règles sur la propriété étrangère change-t-il la donne à Phuket ?
Oui. Les autorités ciblent les montages de prête-noms qui contournaient le plafond de 49% de propriété étrangère. A Phuket, où environ 60% des ventes de villas concernent des étrangers (jusqu'à 90% à Samui et Koh Phangan), certains acheteurs marquent une pause, tandis que les prix à Bang Tao progressent tout de même de 10 à 15% par an.
Faut-il envisager Dubaï comme alternative à la Thaïlande ?
Dubaï séduit par son absence d'impôt sur le revenu et la rapidité d'obtention du Golden Visa. Mais le coût de la vie et de l'immobilier y est nettement plus élevé, avec un climat moins agréable. Beaucoup d'investisseurs combinent les deux destinations plutôt que de choisir.
Source: Henley & Partners
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