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Loi relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux

Anti-Money Laundering Act B.E. 2542 (1999)

Les informations sont vérifiées et mises à jour chaque mois selon les sources officielles.

En bref

La loi thaïlandaise relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux B.E. 2542 (1999) érige en infraction pénale la dissimulation des produits tirés de crimes graves et impose aux banques, aux bureaux fonciers et aux agents immobiliers de vérifier l'identité de leurs clients et de signaler à l'AMLO toute opération importante ou suspecte, sous peine de saisie et de confiscation des actifs.

https://cds.customs.go.th/data_files/6f86d5231634b0130986712786cfae8f.pdf

Section 3: Infractions sous-jacentes et définitions fondamentales

Énumère les infractions dont les produits entrent dans le champ d'application de la loi : trafic de stupéfiants, fraude au détriment du public, détournement au sein d'établissements financiers, corruption de fonctionnaires, soustraction aux droits de douane, terrorisme, jeux illégaux à grande échelle et autres. Précise également les notions d'opération, d'opération suspecte et de bien lié à une infraction, en permettant de retracer les fonds illicites à travers toutes les reventes ultérieures.

Section 5: Définition du blanchiment de capitaux

Qualifie de blanchiment tout transfert, toute réception ou toute transformation de biens d'origine criminelle visant à dissimuler leur source ou à aider l'auteur de l'infraction à échapper aux poursuites, ainsi que tout acte masquant la nature réelle, la localisation, la cession ou la propriété de ces biens. Il s'agit de l'infraction principale réprimée par la loi.

Section 13: Obligation de déclaration des établissements financiers pour les opérations importantes et suspectes

Oblige chaque établissement financier à signaler à l'AMLO toute opération en espèces atteignant ou dépassant le seuil fixé par voie réglementaire, toute transaction sur des biens dépassant la valeur déterminée et toute opération suspecte quel qu'en soit le montant. L'établissement est également tenu de compléter sa déclaration par tout nouvel élément confirmant ou précisant les informations précédemment transmises.

Section 15: Obligation de déclaration des bureaux fonciers lors de l'enregistrement de droits immobiliers

Oblige les bureaux fonciers de Bangkok, des provinces, des succursales et des districts à notifier l'AMLO lors de l'enregistrement de droits immobiliers sans intervention bancaire, dès lors que le paiement en espèces dépasse le seuil fixé, que la valeur d'évaluation excède le montant déterminé (sauf en cas de succession) ou que la transaction paraît suspecte. Cette disposition permet de contrôler les transactions directes entre acheteur et vendeur.

Section 16: Obligations déclaratives des agents immobiliers et autres professions

Énumère les professions tenues de déclarer les opérations en espèces dépassant le montant fixé ou toute transaction suspecte, notamment les courtiers et agents intervenant dans l'achat et la vente de biens immobiliers, les négociants en pierres précieuses et en or, les vendeurs d'automobiles, les conseillers en investissement, les antiquaires et les opérateurs de paiement électronique. C'est pourquoi les promoteurs et les agents vérifient l'origine des fonds de l'acheteur.

Section 20: Identification du client préalable à toute opération

Exige des établissements financiers et des professions visées qu'ils identifient chaque client avant toute opération, si cette identification n'a pas déjà été effectuée, en garantissant des procédures accessibles aux personnes handicapées. Les modalités sont fixées par le ministre. Cette disposition constitue le fondement juridique de la vérification de l'identité des acquéreurs de biens immobiliers.

Section 20/1: Vigilance à l'égard de la clientèle et gestion des risques

Oblige les entités concernées à mettre en place une politique d'acceptation des clients et un dispositif de gestion du risque de blanchiment, à exercer une vigilance appropriée lors de la première opération et à la réviser périodiquement jusqu'à la clôture du compte ou la fin de la relation d'affaires. L'étendue de ces obligations est précisée par voie réglementaire relative au suivi des clients et des comptes, ce qui garantit un examen approfondi de l'origine des fonds pour les transactions à risque élevé.

Section 21: Collecte des informations complètes et enregistrement des refus

Oblige l'établissement financier, lors de toute opération soumise à déclaration, à demander au client toutes les informations nécessaires. Si le client refuse de remplir le formulaire de divulgation, l'établissement consigne ce refus et en informe immédiatement l'AMLO. Cette disposition contraint les acquéreurs à justifier l'origine et la destination des sommes importantes.

Section 22: Conservation des documents pendant cinq ans

Exige la conservation des données d'identification du client pendant cinq ans à compter de la clôture du compte ou de la fin de la relation d'affaires, et des enregistrements relatifs aux opérations et aux faits pendant cinq ans à compter de leur réalisation, sauf instruction contraire d'un fonctionnaire habilité. Cette obligation de conservation s'étend aux professions visées, y compris les agents immobiliers.

Section 48: Saisie provisoire ou restriction des actifs

Autorise le Comité des transactions à saisir ou à restreindre un bien pour une durée maximale de quatre-vingt-dix jours lorsqu'il existe des motifs suffisants de croire que ce bien est transféré, dilué ou dissimulé en lien avec une infraction. En cas d'urgence, le Secrétaire général peut agir sous réserve d'en rendre compte. La personne concernée peut démontrer la licéité du bien et obtenir la levée de la restriction.

Section 49: Transmission au procureur aux fins de confiscation

Si les preuves établissent un lien entre un actif et une infraction, le Secrétaire général transmet sans délai le dossier au procureur pour qu'il saisisse le tribunal d'une demande de confiscation au profit de l'État. En cas d'insuffisance des preuves, le dossier est renvoyé pour complément d'information, et si le différend persiste, il est soumis à une commission arbitrale dont la décision s'impose aux parties.

Section 51: Confiscation judiciaire au profit de l'État

Si le tribunal est convaincu qu'un actif est lié à une infraction et que la prétention du propriétaire ou de l'acquéreur est infondée, il transfère cet actif à l'État, les sommes d'argent étant réparties entre le Fonds et le ministère des Finances. Si le requérant était lié à l'auteur de l'infraction, la présomption d'origine illicite de l'actif s'applique.

Section 50: Protection des propriétaires et acquéreurs de bonne foi

Permet à toute personne revendiquant un droit de propriété de présenter une requête au tribunal avant qu'une ordonnance de confiscation ne soit rendue, en prouvant qu'elle est le véritable propriétaire d'un bien non lié à une infraction ou qu'elle l'a acquis de bonne foi et à titre onéreux. Les titulaires d'un autre intérêt légal peuvent également faire valoir leurs droits en qualité d'acquéreurs de bonne foi, ce qui protège les acheteurs de bonne foi.

Section 60: Sanctions pénales pour blanchiment de capitaux

Fixe la peine pénale principale : toute personne reconnue coupable de blanchiment de capitaux est passible d'une peine d'emprisonnement d'un à dix ans, d'une amende de vingt mille à deux cent mille bahts, ou des deux. Cette disposition souligne la gravité que représente le fait de faire transiter des fonds d'origine criminelle par l'acquisition de biens immobiliers.

Section 62: Sanctions pour manquement aux obligations déclaratives et de vérification

Inflige une amende pouvant atteindre cinq cent mille bahts, majorée de cinq mille bahts par jour jusqu'à la cessation du manquement, à toute personne qui ne respecte pas ses obligations en matière de déclaration, d'identification, de vigilance ou de conservation des documents. C'est cette pression qui incite les promoteurs et les agents à vérifier l'origine des fonds et à transmettre les déclarations requises.

Section 63: Sanctions pour déclaration mensongère

Réprime toute personne qui, dans le cadre de ses obligations déclaratives et de divulgation, soumet un rapport ou une déclaration contenant des allégations fausses ou dissimulant des faits devant être divulgués : peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à deux ans, amende de cinquante mille à cinq cent mille bahts, ou les deux. Cette disposition dissuade le recours à de fausses déclarations sur l'origine des fonds.